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Publié le mardi 20 mars 2007 | 09:10 | GMT +0200
Raymond Domenech conçoit le déplacement en Lituanie comme ‘une finale ou presque’. Et vous ?
Nicolas Anelka : Cette rencontre est importante, c’est une évidence. Ça fait longtemps que je dis qu’il n’existe plus de match facile. Cette équipe de Lituanie, je n’en connais pas grand-chose. Mais je sais qu’elle a obtenu le nul en Italie (1-1, le 2 septembre). Malgré les forfaits, on est en mesure de l’emporter, surtout si l’on marque rapidement. L’équipe de France est au-dessus. Et reste, quoi qu’on en pense, une grande équipe.
Quels sont vos rapports avec le sélectionneur, que vous n’avez pas toujours ménagé ?
Ça se passe mieux depuis qu’il a la possibilité de me voir jouer chaque week-end. Le cas était différent quand j’étais en Turquie. Avec Domenech, je communique, j’échange. Le voyage aux Antilles (en novembre 2005, face au Costa Rica, alors qu’Anelka n’avait plus été retenu en Bleu depuis 2002) a été un tournant pour nous deux. Normal : avant, on ne se parlait pas ! Mes sélections sont dues à mon rendement avec Bolton. J’y ai inscrit neuf buts en championnat, ce qui est bon, voire très bon, vu le peu d’occasions qu’on a, le fait que le club joue avec une pointe et celui que je ne tire pas les penalties.
La blessure de Thierry Henry et l’absence de David Trezeguet renforcent vos chances d’être titulaire samedi... Je ne raisonne pas ainsi. Le coach fera jouer les meilleurs et je respecterai ses choix. Etre aligné d’entrée ou ne jouer qu’une poignée de minutes : l’essentiel sera d’aider les Bleus sur le terrain. Je ne me considère pas soudainement indiscutable. J’ignore comment va se terminer l’histoire. Je ne me projette même pas sur l’Euro 2008. Qualifions-nous d’abord pour la compétition, on verra ensuite.
Henry et Trezeguet, avec qui vous formiez en 1997 le trio d’attaquants au Mondial des moins de 20 ans en Malaisie, traversent une drôle de saison, qu’en pensez-vous ?
Thierry est à Arsenal depuis 1999 et, jusque-là, il ne s’était jamais gravement blessé. Ce qui lui arrive aujourd’hui est malheureusement logique. Son corps ne pouvait plus tenir. David, lui, est un gars simple, qui ne se prend pas la tête. Il demeure un buteur d’exception, un renard des surfaces. Contre l’Argentine (0-1, 7 février), tout le monde lui est tombé dessus. Mais la seule frappe cadrée du match était la sienne. Et contre les Féroé (5-0, le 11 octobre 2006), il marque deux buts en trente minutes sur la pelouse. Il ne faut pas l’enterrer. David va rebondir.
Vous pourriez faire tandem en Lituanie avec Karim Benzema. Que savez-vous de lui ?
Nous nous sommes croisés avant le match contre la Grèce, en novembre. Mais, blessé, il n’avait pu honorer sa première sélection. Je me reconnais en Karim. Je suis convaincu qu’il est le futur attaquant de l’équipe de France. Il a toutes les qualités pour réussir : intelligence dans le jeu, technique au-dessus de la moyenne, accélération. Il joue dans le meilleur club de France, dispute la Ligue des champions et ne cesse de progresser. Il sait marquer et faire marquer. Mon kif serait de lui donner son premier but en Bleu.
Il n’a que 19 ans. Est-ce que cela vous fait prendre un coup de vieux ?
Je ne suis pas nostalgique, au contraire. Il faut parfois laisser sa place. J’ai 28 ans, je ne sais pas jusqu’à quand je jouerai au haut niveau, mais on vieillit. J’ai bientôt fait mon temps (rires).
Quand vous êtes entré contre l’Argentine, le Stade de France vous a réservé une ovation. Surpris ?
Je ne m’attendais pas à être acclamé ainsi. ça fait plaisir car cela ne m’était jamais arrivé de façon aussi claire avec les Bleus. Tant mieux. Mon image change. Ce n’est pas calculé, il ne s’agit pas de stratégie. Je montre davantage mes sentiments, mes émotions. Je m’ouvre aux autres. Qui, en retour, arrivent à me comprendre un peu. Jusque-là, c’était impossible car je gardais tout à l’intérieur.
Le Psg, où vous avez joué deux fois, n’a jamais été aussi proche de la relégation. Vous l’imaginez ?
Je n’arrive pas à me mettre ça dans la tête. La situation est grave, et même incompréhensible vu la qualité des joueurs, mais elle n’est pas désespérée. Même si les résultats sont catastrophiques, Paris va bientôt nous faire une série de trois matches sans défaite et repartir.
Votre amour pour Paris n’altère-t-il pas votre jugement ?
Je ne pense pas. J’étais au Parc dimanche dernier contre Auxerre (0-1). J’ai croisé les joueurs près du tunnel. Ils sont dégoûtés et conscients de l’urgence. Ils vont se réveiller, croyez-moi. A eux de montrer qu’ils sont costauds dans leur tête. Ils doivent se prendre en main. Le club a tout changé, les actionnaires comme le président et l’entraîneur. Les responsables, maintenant, ce sont eux. J’ai la mentalité anglaise : même si le Psg descend, je continuerai de le soutenir.
Sans son licenciement, Vikash Dhorasoo aurait-il pu être utile ?
Sans doute. Il a de l’expérience et, même s’il a peu joué en Allemagne, il était à la Coupe du monde, lui...
Arnaud RAMSAY (Sports.fr)
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