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Raymond DOMENECH (Sélectionneur français)

‘Arsène Wenger me fatigue’

Publié le vendredi 16 mars 2007 | 07:43 | GMT +0200

 

Si la liste des 23 joueurs appelés à défier la Lituanie, le 24 mars, pour le compte des éliminatoires de l’Euro 2008, constituait jeudi le plat principal de la conférence de presse de Raymond Domenech, le sélectionneur des Bleus a consacré une bonne partie de son intervention à Arsène Wenger. Et Domenech n’a pas pris de gants, c’est le moins que l’on puisse dire, pour répondre au manager d’Arsenal qui a fortement critiqué le staff des Bleus, responsable selon lui, de la fin de saison précoce de Thierry Henry

Arsène Wenger a vivement critiqué mardi le staff des Bleus, reprochant notamment une convocation de Thierry Henry après le Mondial (1). Comment réagissez-vous à ces propos ?

Raymond Domenech : Une bonne fois pour toutes, il va falloir régler le problème. M. Wenger commence sérieusement à me fatiguer. Et il commence à fatiguer beaucoup de monde. Il ne détient pas la science infuse. Il n’y a pas que lui dans le football qui a le droit d’exister et parler. Et quand il dit que quelqu’un jouant au mois d’août se blesse au mois de mars... Je ne sais pas comment il peut expliquer cela. Ce qu’il oublie de dire, c’est que chaque fois que Thierry Henry a joué avec les Bleus, il a pu jouer derrière avec Arsenal. Contre la Bosnie, soit disant, il n’aurait pas dû jouer, il était fatigué mais M. Wenger avait besoin de Thierry Henry pour jouer contre Aston Villa. Après les Féroé, M. Wenger avait besoin de lui contre Watford. Après l’Italie, M. Wenger avait besoin absolument de Thierry contre Middlesbrough et après l’Argentine, c’était contre Wigan. Après la Grèce, il a disputé 45 minutes contre Newcastle. Soit disant blessé, il ne devait pas jouer contre Hambourg trois jours après. Et il a joué.

Vous semblez réellement remonté...

Pour les gens qui donnent des leçons aux autres, on n’a jamais pris de risques avec un joueur blessé. Je donnerai l’exemple de William Gallas contre l’Ecosse. Alors, je suis fatigué de ces attaques, pas spécialement contre moi, car Arsène Wenger, depuis longtemps, critique l’équipe de France en permanence. Je rappellerai l’histoire de Roger Lemerre et l’Australie (2), il a critiqué Platini le jour de son élection sur les projets qu’il avait. Il y a un moment où c’est fatiguant. Ce n’est pas parce ce que l’on a des difficultés dans son club que l’on est obligé d’aller voir chez les autres. Je suis fatigué de l’entendre à ce niveau-là. Nous, on a la conscience tranquille, on sait qu’à chaque fois, on a fait attention au joueur. On ne s’est jamais permis ce genre de remarque sur les clubs.

Toujours est-il que le problème des cadences infernales subsiste.

Cela pose évidemment encore le problème éternel du calendrier. Mais Puisqu’Arsène Wenger est bien placé à l’Uefa ou à la Fifa, puisqu’on l’entend de partout sur tout et sur rien, même sur le temps qu’il fait, alors qu’il essaie d’organiser un peu mieux les calendriers et les championnats, sachant qu’à la Coupe du monde, il est bien content puisqu’il est consultant pour une chaîne de télévision. Ces grandes compétitions sont nécessaires au foot français. Il faut trouver un juste équilibre entre les deux pour éviter que Thierry Henry soit blessé dans un match de reprise. Il était blessé avant et il se blesse au cours de ce match (face au Psv en 1/8e de finale retour de la Ligue des champions, Ndlr). Thierry, je l’ai eu au téléphone. Le plus meurtri, c’est lui et il n’a que faire de ces polémiques entre medias interposés. Je le dis depuis deux ans, il y a un réel problème de calendrier, notamment pour les équipes qui jouent la Coupe d’Europe. Je ne souhaite qu’une chose : que la blessure de Titi ne soit pas aussi grave et qu’il puisse être là au mois de juin pour la Géorgie et l’Ukraine.

Vous évoquiez l’importance de la rencontre contre la Lituanie. Peut-on parler de tournant ?

Oui, un tournant qui peut en appeler d’autres. Ce match aura des incidences pour la suite. Et ce sera la même chose contre la Géorgie et l’Ukraine. On se retrouve un peu dans la même configuration que la qualification au Mondial. Ce n’est pas une finale, mais presque. Et je mets volontairement la pression. Dans ce groupe, les adversaires de l’Italie et de la France jouent contre des équipes qui ont quelque chose en plus.

Pourquoi avoir retenu Frédéric Piquionne qui honore sa première sélection dans le groupe France ?

Cela fait un moment qu’on le suit et il constitue un bon complément d’un attaquant et maintenant, il marque. Avec la Lituanie, il y avait la possibilité qu’il soit appelé. Maintenant à lui de justifier tout ça, d’être digne et je suis sûr qu’il le sera.

En revanche, pas de David Trezeguet...

Depuis ma prise de fonction, j’ai pris l’habitude de ne pas parler des absents, mais plutôt des présents. Je ferai tout de même une exception pour David. Il est dans une période difficile avec la Juventus. Je veux lui laisser le temps de remonter en Serie A, pour qu’il soit mieux dans sa tête, plus concentré. C’est temporaire.

Pour terminer le chapitre des attaquants, Djibril Cissé traverse lui aussi une période délicate avec l’Om. Comment justifiez-vous sa sélection ?

Contre Lyon (1-1, 28e journée de Ligue 1, Ndlr), il n’a pas été totalement présent, mais il a fait briller Coupet sur une tête et il est passeur décisif sur l’égalisation. Il a besoin de cette confiance si nécessaire à tous les attaquants. C’est un petit coupe de pouce, on lui montre qu’on croit encore en lui.

Votre liste comprend deux gardiens. Avez-vous hésité à en retenir un troisième, en l’occurrence Fabien Barthez ?

Je le répète encore, la porte reste ouverte à tous. Ce sont les performances qui décident et pour l’instant, sans faire injure à Fabien, le numéro un, c’est Grégory Coupet et le numéro deux, Mickaël Landreau.

Il n’y avait pas vraiment de nouveauté contre l’Argentine en amical, alors que le contexte amical s’y prêtait plus, en revanche, on remarque dans ces 23, quatre ou cinq joueurs qui vont découvrir le très haut niveau. N’est-ce pas paradoxal ?

Non. Je ne voudrais pas rater le coche avec des joueurs qui ont le niveau et qui ne disposeraient pas de cette opportunité. Ce ne sont pas de faire-valoir. On ne va pas me faire le reproche de faire venir du neuf alors qu’avant on m’avait reproché de garder les vieux.

Propos recueillis par Alexandre SARKISSIAN (Sports.fr)

- A propos de la blessure qui met fin à la saison de Thierry Henry, le manager d’Arsenal estime qu’il n’est pas responsable de ça, car ‘je pense que Thierry Henry a été mal encadré par l’équipe de France... La finale de la Coupe du monde a eu lieu le 9 juillet et je lui ai donné un congé jusqu’au 4 août. Ensuite, il est revenu et nous l’avons préparé. Je l’ai dispensé du match de qualification pour la Ligue des champions contre le Dinamo Zagreb. Mais ils l’ont rappelé dès le 16 août - moins de 14 jours après son retour d’Allemagne - et il l’ont fait jouer tout le match contre la Bosnie’ (2) - Il avait été reproché au sélectionneur de l’époque de disputer un match amical en Australie, jugé inutile compte tenu de la longue durée du voyage, donc des risques de fatigue (11 novembre 2001).

 

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Raymond DOMENECH
 
 

Commentaires : (37)

mooody
mercredi 23 juin 2010 | 05:21 | GMT-0500

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lundi 21 juin 2010 | 00:25 | GMT-0500

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